M. Alonzo, « gentleman farmer » chez lui
... Il aime ses arbres jalousement et interdit d'en couper une seule branche sans sa permission. Il n'aurait jamais osé « entailler » ses érables de peur de leur faire tort. Accompagné de ses deux énormes Saint-Bernard, il adore se promener à pied dans la forêt.
Mais encore plus que ses arbres, ses chevaux le passionnent. Il en fait l'élevage et c'est là un de ses passe-temps favoris. Ses écuries sont pleines de magnifiques bêtes dont plusieurs ne connurent jamais la selle ou le harnais. C'est dans un carrosse traîné par un attelage impeccable qui fait son orgueil qu'il se rend à la ville. Le député commande ses coursiers selon son caprice, car il en a des rouges, des noirs, des pies, etc. Et son fidèle cocher, David Rolland, sait les conduire au gré du maître.
Avec ses domestiques il entretient des relations suivies. Mais jaloux de son autorité, il se montre très exigeant à leur égard. Il dirige lui-même les travaux de la ferme et en cas de manquements graves à ses ordres, le coupable est menacé de prison. S'il n'autorise point les ouvriers à circuler dans les jardins ou le bosquet, à plus forte raison interdit-il aux voitures de la ferme de passer devant sa maison.
Quand il se sent de belle humeur, c'est-à-dire quand ses affaires prospèrent, surtout celles du comté qu'il représente, il condescend volontiers, au cours de ses promenades à travers champs, à causer avec ses employés. Mais il ne supporte pas qu'on garde la pipe à la bouche en sa présence et encore moins le chapeau sur la tête.
Tous ses gens, dont plusieurs passèrent de nombreuses années à son service, l'aiment, le respectent et le reconnaissent comme un homme avenant, d'un extérieur parfait et foncièrement honnête.